Roman Graphique : Le ciel pour conquête (Oneshot – Fiche)

Couverture Le ciel pour conquête

Edition : Delcourt
Dessin : Yudori
Scénario : Yudori
Oneshot
Genre : Drame
Prix papier : 25.50€
Prix numérique : 17.99€

Résumé :

Deux jeunes femmes que tout oppose partent ensemble à l’assaut des cieux. Premier roman graphique bouleversant de la coréenne Yudori.
Amélie est une jeune catholique mariée à Hans, marchand de la bonne société hollandaise de ce milieu de seizième siècle. Une vie d’humilité qui ne sied guère à son caractère rebelle et fantasque, et qui bascule quand Hans rapporte une jeune esclave venue des pays lointain. Lentement, les deux femmes vont nouer une relation fusionnelle qui va toutes les deux les libérer…

Lire l’extrait

Avis / Impressions :

« Le ciel pour conquête » est une une expérience que je recommande pour public mûr et averti. C’est un roman graphique, naturellement je m’étais plutôt attendu à de la couleur mais il n’en est rien, il est tout en noir et blanc et plus proche du style manga. Une oneshot de Yudori (à surveiller) qui nous vient tout droit de la Corée du Sud mais se lit bien dans le même sens qu’en France.
L’histoire se laisse suivre avec intérêt, elle nous fait également réfléchir sur plein de choses, notamment la situation des femmes. Elles sont en quelque sorte bridées et privées de leur liberté.
Le texte a une forme de poésie, le style est fort agréable, voire même une poésie cruelle par moment.

Nous avons deux femmes, même trois au niveau de la réflexion, qui n’ont pas le même style de vie, pas le même niveau social, pourtant leurs ailes sont coupées. Et se doivent, sont obligées de répondre à certaines demandes. Les discussions notamment entre les deux jeunes femmes de la couverture vont ouvrir leur monde, leurs horizons, leur faire prendre conscience de choses douloureuses.
D’abord, rivales, pas à l’aise, elles sont quelque part la propriété du même homme Hans.

Amélie a eu la « chance » d’être bien née, dans une famille riche hollandaise, mais celle-ci a subi des déconvenues majeures. Elle est intelligente, parfois revêche, et elle a du répondant qui lui coûtera parfois cher. Une fidèle servante Eva l’a suivi pour veiller sur elle. Elle est mariée à Hans, mais moins bien qu’elle l’aurait été normalement. Elle est « supérieure » à lui de rang social et de culture au départ. Et le lui fait sentir par moment. Mais aujourd’hui, elle doit participer à certaines tâches : cuisine et ménage, normalement non, avant elle n’a jamais rien fait. Et également accomplir ses devoirs conjugaux à la demande de son mari.
Hans est sur le coup ni le meilleur ni le pire, ce que viendra également compléter l’étrangère qui se joindra à eux, malheureusement à coup de fierté mal placé, de méchanceté, d’éducation douteuse, au lieu de s’allier à sa femme, de profiter de son intelligence (sans en abuser), de tenter d’apprendre à la connaître, de se laisser le temps. Il la contraint à lui obéir, de ne pas se mêler de ses affaires, lui impose ce que lui croit, sans aucune discussion possible, il semble également subir l’influence extérieur. Mais il la brise, et c’est impardonnable.
Elle doit remplir ses devoirs, mais son plaisir à elle ? Pourquoi toujours de cette façon là ? Ce sera pareil avec l’autre ?

Pour notre plus grand plaisir, un chat va rejoindre l’histoire, trop chou. Il nous apporte un peu d’amusement et de légèreté. Il y a déjà un chien. D’ailleurs, Hans semble mieux traiter ses animaux.

Nous suivrons ainsi d’abord la vie d’Amélie devenue une femme mariée, un bon moment, cela permet de voir sa vie, le contexte. Quand son homme partira faire des affaires, elle sera même soulagée et plus libre.
Mais le voilà qu’un jour il revient avec une étrangère. Si Amélie trouve son compte sur certains points, la situation lui est pénible et intolérable, c’est donc l’ennemie à abattre.
Or un jour, elles commenceront à discuter. La jeune étrangère s’exprime avec des mots, mais sans les phrases complètes, un peu laborieux au départ, elles finissent par être unies par quelque chose.
Et cette femme va amener Amélie à réfléchir sur bien des choses, notamment sa situation. Les mots sont cinglant, et peuvent faire mal, mais la réflexion est intéressante.
De plus, elle livrera sur un point une bien autre version.

Au milieu de ces deux femmes là, comme vous le savez il y Eva, mais il y en a aussi une plus jeune : Yolente, qui fait des remarques mal placées, à toute confiance en son maître, et nous permet d’approfondir les différentes réflexions.

Hans n’a pas su former un duo avec Amélie, mais Amélie et la jeune étrangère sauront-elles le faire ?
La fin a une « beauté » (à l’image de son texte) et d’autres choses, mais elle est bien vue.

Nous avons là une lecture audacieuse, de qualité, qui fait réfléchir.
Et montre combien il est important d’être valorisé, respecté et non enchaîné, bridé, assujetti.

Très bonne lecture, très forte, qui fait réfléchir, avec un texte qui parfois résonne comme une poésie cruelle + il y a un chat (trop mignon, ben quoi ?) + à savoir c’est en noir et blanc, plus proche d’un dessin manga, mais dans le sens de lecture français.

Les mots de l’étrangère sont laissées tels quels, c’est donc normal que vous ayez l’impression d’une phrase mal formée mais l’idée sera là.

Citations :
« Elle avait regardé la terre. Les hommes s’en étaient emparés. Elle avait regardé la mer. Les hommes l’avaient prise aussi. Alors elle décida de bâtir son propre royaume de terre et de ciel. Et d’en garder la porte close, à tout jamais. »
« Ils nous ont réduites à rien. »
« Tu peux aller et venir comme tu veux. Tu es la plus libre des créatures dans cette maison. »
« Vous croyez pouvoir tout acheter et tout vendre. Tuer et sauver ce qu’il vous plait mais vous n’êtes qu’un homme faillible et vulnérable ! »
« On vivre avec ce qu’on a »
« L’amour c’est pain et vin. »
« Je veux voir toutes les choses que Dieu a crées. Je veux voir ce qu’il y a de l’autre côté du monde. »
« Tout Dieu est vrai. Je connecte terre et ciel. Moi la danse le feu dedans moi. Le feu devient eau. L’eau brûle. L’eau est air. Je suis air. L’air, c’est le Paradis. Le Paradis, c’est moi. »
« Tout ce qu’elle sait faire, c’est plonger le nez dans ses bouquins et manger ! »
« Elles combattaient tout ce qui pouvait menacer la vertu immaculée de leur foyer. »

Un superbe travail 
-> Le devoir conjugal est abordé, et cela sert son histoire, il y entre autre la façon d’être avec chacune (positions …)
-> La difficultés de langage de l’étrangère est retranscrit
-> Il y a une forme d’universalité au-delà de la Hollande, du 16ème siècle, quelque part bien des femmes privées de leur liberté.
-> Le titre finira par prendre son sens encore plus et résonnera en nous
-> Le lecteur se prend dans l’histoire, ressent fortement les choses, le texte est superbement écrit avec des réflexions fortes.
-> Pas édulcoré
-> Le positionnement assez étrange et particulier d’Amélie qui doit quand même participer aux tâches ménagères 
-> Différentes femmes, différents statuts.

De ce que j’ai vu, nous semblons également beaucoup à être touchés, y avoir été sensible.

Et comme nous l’a donné Tachan, le lien de l’instagram de Yudori

D’abord proposé par Babelio, mais malheureusement pas retenue -_-, du coup déception, quelque chose m’attirait chez lui, même si je n’étais pas préparé au noir et blanc et à la puissance, heureusement finalement cela a été possible et accepté sur Netgalley. Merci à Netgalley et Delcourt pour la découverte de cette lecture puissante qui ne laisse pas indifférent.
Par contre, je ne peux pas faire de retour sur l’objet livre.

Il vous tente ? Ceux qui l’ont lu, content(e) de l’avoir découvert ?

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5 commentaires sur « Roman Graphique : Le ciel pour conquête (Oneshot – Fiche) »

  1. A reblogué ceci sur Les voyages de Lyet a ajouté:

    Calendrier de l’avent Jour 20
    Octobre (2/2)

    Je vous encourage à le découvrir si ce n’est pas encore fait

    Nous avons là une lecture audacieuse, de qualité, qui fait réfléchir.
    Et montre combien il est important d’être valorisé, respecté et non enchaîné, bridé, assujetti.

    Très bonne lecture, très forte, qui fait réfléchir, avec un texte qui parfois résonne comme une poésie cruelle + il y a un chat (trop mignon, ben quoi ?) + à savoir c’est en noir et blanc, plus proche d’un dessin manga, mais dans le sens de lecture français.

    J’aime

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