Roman Graphique : Ce que nous sommes – Le projet Databrain et ses dérives (Oneshot)

Ce que nous sommes - Zep

Disponible en papier et numérique

Résumé :
Grâce au projet DataBrain, les humains disposent à la naissance d’un second cerveau numérique où sont directement uploadées des connaissances et des expériences virtuelles plus vraies que nature. Avec de simples programmes à télécharger, apprendre de nouvelles langues ou même assimiler la totalité du savoir de l’humanité n’a jamais été aussi simple et rapide. Du moins si, comme Constant, on en a les moyens. Mais un jour, à la suite d’un piratage informatique, il s’évanouit et se réveille en forêt, loin de la ville protégée, en ayant perdu tout son savoir et ses souvenirs. Démuni, il est recueilli par Hazel, jeune femme vivant en marge de la société, qui va l’aider à se reconstruire et à retrouver son passé. Constant va donc partir sur les traces de son identité réelle et découvrir au passage les facultés extraordinaires de son cerveau… humain.

Mon avis/Mes impressions :

« Ce que nous sommes » propose une histoire très intéressante. Les chroniques sociales des éditions Rue de Sèvres sont souvent très intéressantes et percutantes et c’est à nouveau le cas ici. Ok, si on pinaille ce sera chronique sociale futuriste.
Il nous offre une très belle réflexion avec un petit côté glaçant sur l’humanité, le progrès, les sciences, la technologie.
La bande dessinée est de Zep, que je connais surtout de nom. En tout cas, c’est sur un album réussi qui vaut la lecture.
Tout est dans des teintes monochromes, ou joue avec quelques couleurs, mais il y a toujours une couleur qui domine en arrière fond, ça fait son petit effet. Les traits sont eux réalistes.
Très vite, nous sommes immergés dans l’histoire, et tant de questions viennent à nous.
Si nous ne sommes pas au courant, au départ, nous sommes dans fonds marins, et nous redoutons le pire, mais c’est une expérience virtuelle. Nous en revenons alors encore à ce questionnement autour du virtuel et du réel.
2113, Constant vit avec un implant, il est un humain augmenté mais dépendant d’un réseau. Nous découvrons le monde tel qu’il est devenu, mais il y a déjà des soucis, seule une minorité y a vraiment accès et cela a de grosses répercussions, et Constant semble s’ennuyer. Il cherche les sensations fortes le tout virtuellement.
Très vite, nous allons également poser la question de la valeur des choses, avoir tout acquis grâce à un programme rêve ou cauchemar ? Quel mérite ?
Nous y sommes, à ce que nous avons déjà croisé dans « la nuit des temps« , la pilule pour manger qui reproduit les sensations, le goût, modifiable à volonté.
Mais cette expérience vaut-elle la réalité ? Saura-t-on faire les choses dans le réel si nécessaire ? D’ailleurs, nous le savons déjà nous entre ce qu’on a acquis et la pratique, il y a un certain fossé.
Et nous avons tous besoin d’expérience pour se parfaire dans nos domaines, sans pouvoir toucher à tout.
Nous sommes donc totalement embarqué dans la vie de Constant, qui a un petit côté attachant, mais aussi antipathique. Finalement, les choses sont peut être un peu trop facile pour lui, un programme et c’est fait.
Il ne semble pas avoir de juste recul, de vraie prise de conscience, mais va l’être plus face aux difficultés, au réel, au tangible, à toute la face cachée suite à un souci qui lui fait perdre tout son statut.
Je vous laisse découvrir cela en détail. Il a la chance de tomber sur des gens plutôt sympathiques et surtout sur Hazel et Rubens, son chien.
Finalement Constant va se reconnecter aux choses, à la vie, au tangible. Nous avons nos réponses sur ce qui lui est arrivé. Si nous pourrions avoir envie d’en savoir encore plus sur ce monde, sur le DataBrain, nous avons déjà de quoi passer un très bon et fort moment qui ne laisse pas indifférent et fait réfléchir.

Anecdote : Zep a aussi fait Titeuf que je n’ai jamais aimé et qui avait le don de mettre mes nerfs en pelote.

C’est très important, donc je vous conseille de le lire pour toute la réflexion. C’est fort, ça fait réfléchir, ça touche ! Cela fait mouche !

Il est possible que vous n’aimiez pas du tout Constant au début, c’est normal, vous l’apprécierez mieux par la suite.
Rubens et Hazel ❤
Les réflexions très percutantes ! ❤
L’histoire se laisse bien suivre 🙂

Très bonne lecture ❤

Réflexions 
Entre le virtuel et le réel
Vivre les expériences par soi-même n’est pas la même chose que vivre par procuration, également pour l’affect, pour l’expérience et pour l’assimilation.
Si l’on dit tricher n’est pas jouer, c’est aussi pour l’assimilation. Vous copiez quelqu’un qui sait, vous avez juste, mais qu’avez compris ? qu’en avez vous retenu ? il y a fort à parier rien ou en tout cas pas grand chose, et de ne pas pouvoir reproduire.
Cela semble idyllique mais très vite on voit que c’est qu’une infime partie qui y a accès et les autres sont laissés pour compte, de plus on met aussi en avant la consommation excessive de ressources par l’infime partie.
Faisons les choses de manière mesurée et équilibrée (il y a aussi du bon dans ce que le virtuel peut apporter)

A ajouter/venir : graphisme, sensations papier (+ faire la fiche)

Citations :
« Cela fait 30 ans que le projet DataBrain a été lancé. Nous sommes la première génération à être née avec un second cerveau numérique. Le mien est stocké au Data Brain Center. Il a une capacité de 100 milliards de connexions par seconde. Nos ancêtres passaient 15 ans à l’école pour apprendre péniblement quelques notions d’anglais, d’allemand ou d’italien. A 5 ans, j’ai reçu le pack langage. Mon cerveau assistant l’a chargé en 3 minutes. C’est le temps qu’il a fallu pour assimiler 12 langues. Pour mes 8 ans, mes parents m’ont offert l’intégrale encyclopédique. 17 secondes pour charger toutes les connaissances acquises à ce jour. Bien sûr, il faut faire des mises à jour mais globalement je sais tout. »
« Partager quoi ? Nous savons tous les mêmes choses. »
« Mais tout ce qui passe par ton cerveau crée une expérience et chaque expérience est enregistrée dans l’espace neuronal. »
« En cinq millénaires, nous n’avons pas développé de sens nouveau. Nous vivons dans une hypratechnologie que presque aucun individu n’est capable de comprendre ou de maîtriser… Une illusion d’évolution alors que nous sommes devenus plus fragiles que nos ancêtres. On voulait faire un humain augmenté… on a créé l’humain assisté. »
« Je suis prêt pour l’Aventure virtuelle, mais complètement réelle. Puisque c’est mon cerveau qui la vit et qu’il transmet l’expérience à tout mon corps »
« Ton savoir a été chargé mais il n’a pas été acquis. »
« Tu as vécu une sensation non numérisée. Intense, non ? »
« Dans certaines cultures, on change de nom à chaque étape de sa vie. »
« – Il s’appelle comment ?
– Il ne sait plus. En attendant, je l’ai appelé Treize.
– Treize ?
– c’est le nom d’un héros de bande dessinée qui a perdus la mémoire… Je lisais ça chez mon grand père… »

J’ai très vite ressentie le besoin de le lire (si possible), eu la sensation que ça allait être fort.
Merci à Rue de Sèvres pour la confiance et l’envoi de cette lecture dans laquelle je me suis plongée <3.

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