Lecture Time : Le vallon des lucioles (Fiche)

Couverture Le vallon des lucioles

de Isla Morley
Editions : Seuil
Prix papier : 21.50€
Prix numérique : 15.99€
Sortie le 04 mars 2021
Genre : Contemporain
480 pages

Résumé :

1937, Kentucky.Ckay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographe et journaliste, sont envoyés dans le cadre du New Deal réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches.
Dès leur arrivée, les habitants du village les mettent en garde sur une étrange famille qui vit au coeur de la forêt. Il n en faut pas plus pour qu’ils partent à leur rencontre, dans l’espoir de trouver un sujet passionnant. Ce qu’ils découvrent va transformer à jamais la vie de Clay et stupéfier le pays entier. À travers l’objectif de son appareil, se dévoile une jeune femme splendide, Jubilee Buford, dont la peau teintée d’un bleu prononcé le fascine et le trouble.
Leur histoire sera émaillée de passion, de violence, de discorde dans une société américaine en proie au racisme et aux préjugés.

Hello Livre

Je n’avais jamais entendu parler de ce livre quand il me fût proposé par Babelio. J’ai regardé la couverture, le titre, qui m’intriguaient fortement. J’ai lu l’histoire qui dégageait quelque chose de fort. Puis j’ai réfléchis, soupesé, je suis prête ou non à m’engager, à prendre le risque ?
Et au moins, ça c’est concrétisé, y en a d’autres om finalement non :\ c’est un peu frustrant (du genre Dear Evan Hansen qui m’avait l’air intéressant)

Je me suis un peu ratée sur le timing, mais une fois dedans, j’ai fini par le lire en quelques jours. Vous pouvez applaudir ou pas XD.
J’ai apprécié la qualité d’édition, sur le coup je ne savais pas trop mais à l’usage, j’ai quand même des pages qui tiennent bien en main. Le texte est bien lisible, et l’éditeur m’a mis un petit mot pour me souhaiter une bonne lecture 🙂 (oui oui je suis sensible aux petites attentions)

Mon avis/Mes impressions :

C’est un livre, une histoire, qui ne peut pas laisser quelqu’un indifférent. Nous y retrouvons des éléments bien connus, et sous le prisme adulte. C’est toujours aussi navrant, et en même temps voilà c’est vraiment « La vie est belle et cruelle à la fois« .

La plume recèle de quelques phrases fortes, marquantes, qui font des échos. Après quelques pages, le temps de s’y faire, et de savoir à quoi on a à faire, la lecture est plutôt fluide.
Il peut y avoir autant un côté rustre, brute de décoffrage, que des phrases qui impactent, que de la douceur, que de l’amour.

Le livre se sépare sur deux temporalités : celle du présent de Havens 1972, et les évènements qu’il a vécu dans le passé : 1937. Nous allons intervertir plusieurs fois. Les passages dans le passé ont toute une histoire à nous raconter, également celle d’un peuple ostracisé, ils sont donc plus longs.
1937, l’année où Havens a rencontré Jubilée, l’année où son cœur est tombé profondément amoureux.

La gestion des évènements nous réserve des surprises. Vous pouvez croire savoir, mais finalement non, et ça c’est bien joué. Y compris cette personne qui vient trouver Havens en 1972 et ravive tous les souvenirs.

Havens débarque avec son collègue Massey pour faire un reportage. Ils entendent parler de chasse aux ratons bleus. Mais qu’est-ce que c’est ? Avec eux se posent également la question des limites de la bienséance, de ce qu’ils peuvent faire ou non au nom de leur travail, si cela va vraiment aider.
Suite à un évènement, ils vont pouvoir connaître la famille Buford de près. 
Il est appréciable de voir Havens s’intéresser, s’ouvrir, de voir l’effet de l’amour aussi, mais également d’en apprendre sur son passé. Il y a des éléments surprenants, qui ne font qu’étoffer le personnage. Il n’est certes pas parfait et fait des erreurs, comme tout être humain.
Il y a une certaine poésie dans les moments romantiques, et également un beau développement autour de la photographie.

Jubilée est également une femme que nous prenons plaisir à connaître, à rencontrer, qui fascine sur le coup. Elle est bleue, sa peau, elle est née ainsi.
Nous avons tout un questionnement sur comment elle a grandi, comment elle le vit, ses envies, ses désirs… Si ne plus avoir cette peau bleue serait la solution et possible ? Et sur la cause de ce phénomène. C’est inspiré d’une histoire vraie.
Je vous dirai juste que certains membres de la famille ont la peau bleue et d’autres non.

Nous avons le racisme, les préjugés, le harcèlement dans toute leur splendeur, et pour ainsi dire horreur. La méchanceté des gens que ce soit par les mots, par ce qu’ils font, mais également ceux qui s’en prennent physiquement à eux. Et également le fait de détourner les yeux, de faire comme si de rien n’était.

C’est une histoire riche, intéressante, qui aborde pas mal de choses, qui nous touchent, et nous surprend.
C’est une histoire qui nous donne envie de hurler par moment aussi, car il y a des moments qui sont très difficiles. Comment ils sont traités est de toute manière atroce.

Le livre se sépare en chapitres qui chacun se place soit du point de vue de Havens, soit du point de vue de Jubilée.
Arriver dans la deuxième partie il devient difficile de lâcher son livre, vu qu’on a envie de savoir le fin mot de l’histoire tout en le redoutant.

Racisme, préjugés, harcèlement abordés d’une manière qui impacte, qui touche, qui rappelle plein d’autres histoires
La famille Buford, elle est super attachante
Un beau travail fait sur la psychologie des différents personnages, et encore une fois combien des choses peuvent nous changer, nous impacter
La photographie
Les animaux :), place de la nature
Le fait de faire des photos en noir et blanc et d’autres en couleur et la réflexion sur la couleur. C’est si important, si différent ?
L’amour qui survient entre Havens et Jubilée. 
Le plaisir d’être aimé pour soi. Le doute que ce soit plus de la fascination pour cette différence. L’exploitation du coup de tout ce qu’il y a autour de cela.
La réflexion sur jusqu’où aller pour son travail. Sur ce qui est bien ou non. Mais cela reste compliquer de savoir les conséquences que chaque acte aura.
La richesse des thèmes exploités, des réflexions posées
Des mots forts par moment, rien que le fait de dire « de la bonne couleur »
Un angle de vue très original, qui montre encore une fois que notre corps est une merveilleuse machine et en même temps peut nous faire de sacrés coups.
Une lecture fluide passée les premières pages
Une vie simple et rustique
Il y a des moments sensuels
Il y a des moments poétiques
Beaucoup de surprises
Une lecture et des sujets sous le prisme adulte, des choix de vie, des conséquences

Bonne à très bonne lecture
Une lecture marquante
Une jeune femme, Jubilée, attachante, qui veut juste vivre, être aimée pour elle-même au-delà du bleu.

Citations

« Il y a deux justices dans ce pays. La première concerne ceux qui ont de l’argent et des relations et qui sont de la bonne couleur, et la seconde s’applique à tous les autres. »

« Parce que vous croyez qu’il existe un endroit dans le monde où les gens s’aiment tous ? Si ce n’est pas à cause de la couleur de leur peau, on leur cherchera des crosses à cause du dieu qu’ils prient ou de la rive sur laquelle ils ont construit leur maison. »

« La vieillesse est une menace ; personne n’y peut rien. Chaque jour elle gagne du terrain. »

« On ne choisit pas qui on aime
Tu feras comme nous tous et tu l’oublieras ! »

« Tu sais ce que je préfère dans la photo noir et blanc ? C’est que les couleurs n’entrent pas en ligne de compte. Parce que si c’est le bleu que tu cherches à voir absolument, tu t’arrêtes à ça, et c’est tout. Tu rates ce qui fait qu’une personne te ressemble ou est différente de toi; tu rates ce qui la rend unique. »

« Ce que l’on n’explique jamais au sujet des trains, c’est que, quelle que soit leur destination, la personne qui monte à bord n’est plus la même que celle qui en descend. »

« Lorsqu’on s’introduit dans un lieu où l’on n’a rien à faire, que l’on ait ou non l’intention de faire du mal, ceux qui habitent la se sentent menacés »

« Perdre quelqu’un, c’est comme être emporté par une crue, on manque de se noyer et on part à la dérive; on ne choisit pas le moment où l’on retouche terre. »

« Les choses ne suivent plus la pente de la haine, cette pente si facile et vieille comme le monde. »

« Pour faire la paix, il ne suffit pas d’agiter un drapeau blanc et de se serrer la main. »

« Croire et savoir sont deux choses différentes. Croire, c’est comme une petite forteresse que l’on se construit mentalement, mais savoir, c’est ce que l’on ressent d’abord dans ses genoux. C’est ce qui fait perdre au corps toute tonicité. »

Merci à Babelio et Seuil pour cette découverte, cette lecture intéressante et importante.

Vous connaissez ? Il vous tente ? Vous en aviez entendu parler ? Ne serait-ce que du fait ?

Un auteur m’a donné comme information qu’il a écrit « Bleu » qui s’inspire du même fait divers, comme ça vous êtes au courant.

 

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